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Historique de la Société des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Québec.

De tous temps, les gens ayant des affinités et des buts communs ont cherché à se regrouper en association, afin de profiter d'avantages que seule une collectivité pouvait apporter. C'est là le fondement même de notre société.

Ce sont les besoins réels qui déterminent le type d'association requis. Par exemple, ce sont la défense d'un territoire et l'unification de différentes collectivités qui justifieront la création d'un nouvel état. La sauvegarde d'intérêt locaux : celle d'un village, d'une ville ou d'une province. La protection des travailleurs et l'amélioration des conditions de travail aboutiront à la mise sur pied d'un syndicat. La volonté de se retrouver entre gens d'une même profession, dans un but soit social ou syndical, déterminera la formation d'une association professionnel. C'est en vertu de ce type de regroupement qu'a été créée la société des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Québec.

Les cuisiniers et les pâtissiers sont des gens qui, par nature et pour les besoins de leur métier, voyage énormément. Il leur arrive, plus souvent qu'autrement, de se retrouver seuls en pays étranger. Bien qu'en général, ils démontrent une grande facilité d'adaptation, il reste néanmoins que, de temps à autre, ils ressentent le besoin impérieux de se retrouver entre compatriotes, pour parler métier ou encore pour s'enquérir du sort de leurs confrères.

Dans cette optique, autour des années 20, à Montréal, un petit groupe de chefs, de cuisiniers et de pâtissiers de diverses nationalités se réunirent afin de former le noyau de ce qui allait devenir, trente ans plus tard, la Société des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Québec.

L'idée initiale était d'organiser des rencontres sociales afin de favoriser une meilleure communication entre gens du métier. Très vite germa, dans l'esprit des instigateurs de ce mouvement, l'idée de mettre sur pied une organisation beaucoup mieux structurer, et ce dans le but de promouvoir, de soutenir et de développer des liens d'amitiés et de confraternité entre les chefs. Protéger les intérêts de tous et encourager l'avancement de la profession culinaire, tels étaient les buts de nos pionniers.

C'est ainsi qu'en 1924-25, MM. Émile Puvilland, Georges Vernet,Auguste Soudre, JosephTeyssot, Hector La Haie et quelques autres fondèrent la Mutuelle des cuisiniers et des pâtissiers professionnels dont la constitution eut pour modèle celle de la Société Culinaire Philanthropique de New-York, elle même fondée aux Etats-Unis, quelques soixante ans plus tôt, en 1865.

Au tout début. Ce groupe n'avait pas de locaux administratifs fixes. Les réunions mensuelles se tenaient dans les domiciles respectifs de chacun, ou encore sur les lieux mêmes de travail des membres de l'exécutif qui voulaient bien recevoir le conseil et ses pairs.

Tel que cela se pratique encore actuellement, l'association organisait diverses activités: visites industrielles, bals, dépouillements d'arbres de Noël etc…

C'est à ce premier groupe de pionniers que nous devons les premiers efforts afin d'établir des contacts et de créer des liens d'affiliation avec d'autre associations de cuisiniers d'envergure internationale, telle la démarche entreprise aux environ des années 34-35 auprès de la Mutualiste des Cuisiniers de Paris. À eux encore revient le mérite d'avoir entrepris, À la même époque, les premières discussions avec le gouvernement provincial dans le but d'obtenir une reconnaissance professionnelle du métier.

Au dire de M. Puvilland, c'est M. Miron qui était alors sous-ministre du travail. Ce dernier avait acceuilli l'argumentation, mais malheureusement, comme ce fut le cas souvent par la suite, les documents se sont perdus dans le fouillis bureaucratique des ministères. Le tout demeura donc lettre morte.

Au début des années 50, une épreuve de force devait ébranler la Mutuelle, au point de causer sa fin. Certains membres, en désaccord avec la politique d'alors qui voulait que l'association garde une vocation locale, travaillèrent à en assurer le contrôle, dans le but avoué d'étendre son influence à travers le Canada. Cette lutte fratricide se solda par le démembrement complet de l'organisation et sa liquidation définitive. À sa dissolution. Le 8 avril 1953, les 204 membres effectifs de la Mutuelle reçurent, au prorata de leur appartenance, une part des 10 470.32$ qui constituaient le fond de soutient.

Les dissidents mirent aussitôt sur pied la Corporation des Cuisiniers du Canada. L'aventure dura tout au plus deux années et se solda par un échec. Peu de temps après, un comité parallèle temporaire, présidé par MJ. Massironi, conviait à une réunion les nombreux chefs cuisiniers et pâtissiers, pour leur apprendre que, conformément aux souhaits émis par plusieurs d'entre eux, une nouvelle association des chefs allait voir le jour. En fait, ce n'est que le 17 juillet 1953, que MM. Max Rupp et Pierre Dufleit (de la défunte Mutuelle) se joignirent à MM. Marcel Huot, Pierre Demers, laurent Raymond, J.M. Collins, Lucien Barraud, Max Zuberbuhler et Jack Galloway. Ils apposèrent leurs signatures au bas du document qui créait officiellement l'Amicale des chefs et pâtissiers de la province de Québec. L'enregistrement de la charte eut lieu le 30 juillet 1953, en vertu de la troisième partie de la loi des compagnies du Québec ( Libro 256-folio 190 ) et de sa parution dans la Gazette Officielle du 19 septembre de cete même année.

Le 21 septembre, on procédait à l'élection d'un premier conseil exécutif. C'est à M. Max Rupp, maître-pâtissier, qu'échut l'honneur de présider celui-ci. Il occupera cette fonction à quatre reprise, soit en 1956 et 57, puis en 1962 et 63. Notons encore sa dizaine de nominations à diverses fonctions sur le comité exécutif de la Société des chefs, cuisiniers et pâtissiers au cours des trente années qui suivront. En manière de reconnaissance pour son magnifique travail, et pour le dévouement sans limite avec lequel il a contribué à l'avancement de la profession, LA Société des chefs lui décernera par la suite le titre de membre d'honneur à vie.

Les premiers débats furent plutôt chancelants, puisqu'à peine quelque semaines plus tard, soit le 5 octobre, suite à des frictions internes, quatre membres du conseil d'administration démissionnaient de leurs postes. Mais malgré ces débuts quelques peu houleux, l'association ne tarda pas à prendre de l'expansion et à s'affirmer sur le plan professionnel, par la signature d'ententes et d'affiliations avec diverses sociétés aussi prestigieuses que la Société Culinaire Française de Londres et le Cercle des Chefs de Cuisine de Berne.

Dans le but de faciliter l'une de ces affiliations, en fait le première de toutes, notre groupement a dû donner une nouvelle raison sociale. Cette dernière appellation restera inchangée pendant fort longtemps. Il s'agissait de la Société des Chefs de Cuisine et Pâtissiers de la Province de Québec. Cette modification eut lieu en 1954, lorsque l'Association des Amis d'Escoffier de New-York intégra le chapitre de Montréal, sous le nom de Société des chefs de cuisine et Pâtissiers de la Province de Québec, au lieu d'Amicale (ce substantif se prononçant et s'écrivant beaucoup trop mal en anglais). Ce n'est donc qu'à une simple commodité lingustique que nous devons notre appellation actuelle. Le changement de nom fut voté le 12 octobre 1955.

Au mois de juillet 1954, la société des chefs participait, en temps qu'équipe régionale, représentante du Québec, à son premier concours culinaire d'envergure internationale, soit l'Exposition Culinaire 'Hospes', à berne, en Suisse. Elle y décrocha le premier rang. Cette participation sur un plan mondiale fut le prélude à plusieurs autres, permettant à nos chefs de se distinguer avec brio, en décrochant honneur sur honneur, à chaque participation à l'échelle mondiale fut sans conteste en 1982, alors qu'une équipe, composée, pour une grande part, de chefs québécois décrochait la première place au championnat mondial de cuisine du Luxembourg. La compétition accueillait une quarantaine d'équipes venant de tous les coins du monde.

La Société des chefs de cuisine, fidèle aux vœux et aux engagements de ses fondateurs, s'impliquera chaque année davantage pour l'avancement et la sauvegarde des intérêts de notre profession. Par l'entremise de la Fondation des amis de l'art culinaire, créée sous son égide le 15 janvier 1963, la Société permet à de jeunes diplômés ayant au moins deux années d'expérience dans les métiers de cuisinier ou de pâtissier, d'aller se perfectionner durant environ six mois dans des établissements européens d'envergure. À cette fin, la Fondation remet à chaque année trois bourses. La bourse Albert Desjardins, décernée à un jeune cuisinier, celle de Max Rupp pour un jeune pâtissier et enfin celle de Roger Champoux remise À un chef restaurateur. Dans le même ordre d'idée, et pour encourager les jeunes à persévérer dans leur travail, la Société des Chefs amendait ses statuts, en 1980, et créait des classes de membres postulants et juniors, permettant de la sorte aux novices de côtoyer l'élite de la profession et de profiter de l'expérience de leurs aînés.
Notons en plus la part active de la Société des chefs, à titre de conseillers ou d'examinateurs auprès des institutions diffusant des cours de cuisine, pour la formation de cette relève. D'une façon plus directe encore puisqu'elle compte dans ses rangs plusieurs chefs enseignants qui eux-même oeuvrent dans ces institutions reconnues.

La Société est représentée sur les conseils d'administration de nombreux organismes connexes en milieu d'hôtellerie et de restauration. Qui plus est, la S.C.C.P.Q. organise chaque année le Grand Salon d'Art Culinaire du Québec, dans le but de faire valoir aux yeux du public l'immense talent et la compétence des cuisiniers et des pâtissiers de chez nous. Il s'agit pour nous d'être reconnus parmi les meilleurs cuisiniers et pâtissiers au monde, et rien de moins.

Aujourd'hui, plus active que jamais et à l'affût de tout ce qui concerne le progrès de la profession, la Société des chefs s'emploie, depuis quelques années, à regrouper tous les cuisiniers et pâtissiers du Québec sous une même bannière. C'est ainsi que le 8 janvier 1987, une nouvelle charte était enregistrée à Québec (Libro C-1222-Folio 168), sous l'appellation de Société des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Québec, et regroupant les neufs chapitres suivants:

Montréal
Québec
Laurentides, Outaouais
Estrie
Bas St-Laurent, Gaspésie et Île de la Madeleine
Saguenay, Lac St-Jean et Côte-Nord
Mauricie
Abitibi Témiscamingue
Laval

Fidèle à ses fondateurs et l'engagement pris par eux de promouvoir le métier et de défendre les intérêts de la profession, cette super association travaillera À doter la cuisine et à la pâtisserie d'une reconnaissance professionnelle, la structurant de telle sorte qu'elle pourra assurer la prospérité à ses exécutants au même titre que toutes les autres professions.

 
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Québec, capitale gastro.
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